59 % des Français sont incapables de définir le « big data »

26/04/2016, publié par Grégory Krumm
59 % des Français sont incapables de définir le "big data"

C’est ce que révèle l’étude d’Harris Interactive, présentée le 7 mars à l’occasion du salon annuel Big data Paris. Et pour cause : loin de créer un consensus, ce terme reste difficile à cadrer. Ceux qui en cernent les composantes – entre informatique, web, cloud et stockage – se trouvent eux-mêmes en proie au doute dès qu’il s’agit d’en évoquer l’utilisation. Le big data appliqué au marketing serait-il le Big Brother de demain ?

Globalement mal à l’aise avec ce sujet, seuls 36 % des sondés disent avoir entendu parler du big data ces six derniers mois. La proportion est d’ailleurs plus marquée chez les hommes (47 %), les CSP+ (54 %) et les Franciliens (44 %). Même tendance chez ceux qui se disent bien informés sur le sujet.

Au-delà de la méconnaissance, c’est une certaine distance voire méfiance qui s’exprime en filigrane : 6 Français sur 10 se disent sceptiques quant à l’usage « responsable et raisonnable » qu’en feraient les entreprises. Cette réticence va de pair avec un agacement croissant face aux excès de la publicité ciblée, de la géolocalisation ou encore de la revente des données. Les internautes sont en effet de plus en plus attentifs à la protection des données.

Les professionnels de santé (67 %) et les acteurs publics (62 %) sont les seuls à tirer leur épingle du jeu. À l’autre bout de l’échelle de confiance : les réseaux sociaux et les grands acteurs du web, qui font l’objet d’une véritable défiance (78 %). Quant aux acteurs du privé, environ 30 % des sondés leur accordent leur confiance.

De cette étude, on retiendra surtout l’ambivalence du rapport qu’entretiennent les Français à la data. Sur fond de digitalisation, ils ont conscience qu’il s’agit d’un enjeu majeur. Plus des trois quarts estiment ainsi que le recours aux données va être élargi, notamment afin de proposer une offre et des services personnalisés. Une projection valable surtout chez les mieux informés et les technophiles, plus enclins à en percevoir les effets positifs.

Un travail de pédagogie s’impose, seuls 15 % des Français perçevant le big data comme une opportunité pour les consommateurs dont les besoins seront mieux connus, tandis que 81 % estiment qu’il risque d’aller de pair avec un fichage des clients.