Vive la République Numérique ! Mais attention tout de même…

03/02/2016, publié par Juan d’Alcantara
Vive la République Numérique ! Mais attention tout de même… - Paroles d'expert

Il est indubitable que la loi d’Axelle Lemaire, en discussion depuis le 18 janvier à l’Assemblée Nationale, envoie un signal international de modernité et d’entrée délibérée de la France dans une société numérique.

On ne peut qu’applaudir, après s’être félicité que l’Hexagone a été classé par l’ONU au 4ème rang mondial et 1er européen en matière d’e-gouvernance. Un laurier qui légitime, s’il en était besoin, que la France contribue largement, sur son territoire mais aussi sur la scène internationale, à écrire les textes qui veilleront au respect des libertés individuelles de demain. Au fond, c’est bien de cela dont il s’agit. De l’utilité du législateur, diront certains. Dommage qu’il n’y ait pas plus d’autorégulation diront d’autres. Peu importe.

Car la République Numérique c’est bien plus que la modernisation de l’action publique grâce à la dématérialisation des échanges, par exemple, ou à l’avènement de l’e-citoyenneté avec son chapelet de réseaux sociaux. De la circulation des données et du savoir à l’accès pour tous au numérique, c’est la Société tout entière qui est embrassée par ce projet de loi en faveur d’une République numérique : les acteurs économiques ou institutionnels, la puissance publique, les collectivités locales et les individus.

Nous voyons clairement les formidables perspectives d’avenir se dessiner tant les leviers d’action et les outils proliférant au service de la dynamisation de nos sociétés seront nombreux : de la recherche médicale à l’économie circulaire et durable chère à Jeremy Rifkin. Sans la DATA et le numérique, point de salut !

Justement, en professionnel du traitement de la donnée, je m’arrêterais volontiers sur l’individu, en grande partie au cœur de cette loi. Soulagement !

Largement soumis à des flux de données d’identité, économiques ou autres, il retrouve quelques droits :

  • le droit à l’anonymisation de ses données si celles-ci sont utilisées a fortiori à des fins louables (la recherche) ;
  • le droit à la portabilité (qui ne manquera de provoquer des levées de boucliers chez les GAFA) ;
  • le droit à l’oubli (pour les mineurs, enfin !) ;
  • le droit au déréférencement (ou à celui de revivre caché pour être heureux) ;
  • etc.

Connaître le client, l’usager, le citoyen, ce qu’il a fait, ce qu’il fait, où il est, où il va… au nom de l’intérêt mercantile (plus de CA) voire de l’intérêt général (un meilleur service public) a donc des limites. Cette loi au profit d’une République numérique le rappelle à juste titre.

Et je n’évoquerai pas ici le vaste sujet du transfert intercontinental des données et de leur localisation !

Vive la République Numérique, et attention donc à ce que le nouvel Eldorado des libertés n’ignore pas le droit !