Crowdshipping : plus on est de fous et mieux on livre !

02/06/2017, publié par Grégory Krumm
crowdshipping

Vous n’étiez pas sûr d’y croire. Quelqu’un a sonné chez vous, vous avez ouvert la porte, le cœur battant, n’osant espérer que le colis commandé en ligne le matin même serait déjà à votre porte. Et pourtant : c’est bien le cas, à l’heure près. Mais surtout, nul uniforme aux couleurs de La Poste, UPS, Fedex… Mais le sourire de votre voisin !

Votre voisin, un livreur ? C’est ce que l’on appelle le crowdshipping. Ce mot pourrait se traduire par « livraison par la foule ». Une foule décidément généreuse. N’est-elle pas déjà prête à se faire investisseuse (crowfunding), réalisatrice, traductrice, assistante de laboratoire… (crowdsourcing). Et la voici qui endosserait désormais la mission de livreur, vraiment ? Oui. Et le crowdshipping n’est en réalité pas tout à fait nouveau.

Si confier tout ou partie d’une livraison à ses voisins via le crowdshipping est une pratique émergente en France, elle s’inscrit dans une tradition qui n’a pas attendu l’ère digitale pour se diffuser largement en Afrique et en Amérique latine. Aujourd’hui, cette tradition inspire une belle poignée de start-ups et, certaines enseignes de la grande distribution telles que Leroy Merlin n’ont pas hésité à investir ce mode de livraison alternatif pour l’e-commerce.

Crowdshipping, la livraison collaborative version Blablacar

La plateforme collaborative Jwebi met en relation des particuliers souhaitant expédier ou acheter un bien à l’étranger avec des voyageurs prêts à les aider. Colis-voiturage, DacOpacK, Box 2 Home, PiggyBee, Cocolis, Globshop, Drivoo… permettent elles aussi de transporter des colis d’un pays à un autre, mais aussi en micro livraison sur de courtes distances. Et les Gafa et autres Natu ne sont pas en reste : Uber a expérimenté un service de livraison avec Uberdelivery, Amazon a lancé “Flex”, service de livraison à domicile effectué par des « chauffeurs occasionnels ».

Toutes ces initiatives peuvent revendiquer l’une, l’autre ou la combinaison de deux promesses : la réduction des délais de livraison et un moindre impact environnemental. En effet, remplacer un système de livraison interne ou externe (La Poste, DHL, Fedex…) par l’exploitation des déplacements des particuliers pour effectuer une livraison de colis présente l’avantage de ne pas mobiliser de moyens de transport supplémentaire, tout en bénéficiant – en théorie du moins – d’un réseau dense de distribution, à même de raccourcir les temps de livraison.

Crowdshipping, la garantie d’une expérience client optimisée ?

Et le prix ? Ce n’est pas l’argument essentiel. De fait, la livraison collaborative reste payante – les plateformes se rémunérant via une commission sur le montant de la transaction négocié par les deux parties. Simple, clair. En mettant ses voisins à contribution pour la livraison de ses colis, l’utilisateur peut néanmoins se poser une question : celle de la confiance. Comment être assuré qu’une tierce personne ne perde ni ne détériore les colis à livrer ? Quelle garantie ? Les plateformes collaboratives répondent à ces inquiétudes en publiant des informations sur les voyageurs et sur leur historique de transactions. Ou, pour sécuriser l’échange, bloquent le paiement tant que la transaction n’a pas été confirmée par l’utilisateur. D’autres, à l’image de Cocolis partenaire de la Maif, s’associent à un assureur pour les biens qui seraient endommagés ou égarés pendant le trajet. Un rôle de tiers de confiance qui revient donc aux plateformes collaboratives et qui ne peut que difficilement s’exonérer d’un service client pour accompagner les consommateurs en cas de difficultés.