Rupture de supply chain : une réalité opérationnelle trop éloignée des évolutions technologiques

05/04/2016, publié par Alain Simon
Rupture de supply chain : une réalité opérationnelle trop éloignée des évolutions technologiques

Publiée par GT Nexus, une récente enquête intitulée State of the Global Supply Chain s’est intéressée aux défis, risques et opportunités rencontrés par les industriels dans leur supply chain.

Cette étude, qui a passé au scanner les questions de technologie, d’organisation et de gouvernance de la supply chain, met en évidence :

  • le poids récurrent des ruptures de chaîne logistique dans près de 40 % des entreprises interrogées (soit 250) ;
  • la présence d’un supply chain officer dans à peine un quart des entreprises du panel ;
  • une faible sensibilité au sujet puisque 41 % des sondés ne disposant pas d’un tel manager n’envisagent pas d’en recruter un.

Même si les entreprises analysées ont conscience des défis et risques inhérents à une mauvaise gestion du facteur logistique, les plans d’action envisagés semblent peu adaptés aux enjeux !

Alors que la réduction des coûts est identifiée comme la première priorité et le motif principal de recrutement d’un manager supply chain dans l’entreprise, les déficits constatés et les risques déjà avérés ne semblent pas suffire à mettre en œuvre la fonction et à la positionner au plus haut niveau de décision.

Greg Kefer, VP Marketing de GT Nexus, à l’origine de cette étude, insiste sur le fait que « l’absence de vision stratégique de la supply chain dans bon nombre d’entreprises industrielles, constitue, à l’évidence, un véritable frein à plus d’agilité. »

Parmi les défis les plus souvent cités, la prise en compte des demandes clients par l’entreprise est le premier challenge supply chain identifié dans plus d’un quart des réponses (27 %).

Les risques liés au marché “global”, à la dispersion trop marquée du réseau de fournisseurs ou de partenaires, ressortent peu (11 % des réponses), tout comme les dimensions géopolitiques (crise en Europe, challenges en Asie), sociales ou l’instabilité des marchés financiers.

Les conclusions de l’étude révèlent cependant quelques surprises !

38 % des répondants affirment que leur supply chain ne sera pas affectée par les évolutions technologiques au cours des 12 prochains mois.

Ceci est révélateur d’un véritable décalage entre l’évolution rapide des nouvelles technologies dans l’environnement métier et la réalité opérationnelle. L’innovation est en marche et permettra d’améliorer les problématiques de rupture en matière de supply chain mais aussi de gestion stratégique et de contrôle, à un horizon très court.

Si un pourcentage important des sondés reconnaît faire appel à des fonctionnalités de gestion d’entrepôt, peu reconnaissent attendre un véritable apport de technologies plus évoluées comme l’analytique, l’internet des objets ou encore la RFID. Il est pourtant démontré que ces technologies apportent une réelle valeur ajoutée en matière de gestion de la chaîne logistique.

Alors, que conclure ? La réalité du risque et la criticité du sujet sont indéniables et constituent une priorité pour ces industriels. Même s’ils n’en sont pas totalement conscients…