La France ne serait-elle qu’une fabrique d’expérimentations ?

07/03/2016, publié par Juan d’Alcantara
Economie et société numérique

Comment être sur les premières marches du podium de l’ONU et dégringoler à la 16ème place du classement DESI (Digital Economy & Society Index) de la Commission européenne ?

Au regard de cet index, les progrès accomplis par la France vers une économie et une société numériques laissent à désirer.

La multitude d’innovations permettant aux usagers et citoyens d’accéder à l’information, de déclarer leurs revenus, de solliciter l’administration comme les services sociaux ou encore d’effectuer nombre de démarches administratives en ligne et en toute mobilité… ne suffisent plus pour être considérée comme une société numérique !

Après avoir été adopté par l’Assemblée nationale, le projet de loi numérique d’Axelle Lemaire devrait être examiné courant avril par le Sénat. Mais l’ambition qu’il porte faisait-elle partie des indicateurs ? À l’évidence non.

Certes, les mesures des uns ne sont pas celles des autres en matière d’e-gouvernance, et les définitions d’indicateurs se télescopent à l’envie selon la démonstration que l’on souhaite opérer. Caracolant en tête, les nations scandinaves confirment leur performance en la matière. Elles renvoient l’image d’une capacité d’innovation et de progrès qui peut rassurer les peuples autant que les acteurs économiques locaux et internationaux. À ne pas négliger… surtout à l’heure où l’attractivité et la compétitivité sont des questions d’intérêt général.

Hélas, cette fumée barométrique laisse à penser qu’un feu brûle… tout de même.

Sans revenir sur l’analyse des rapporteurs de la DESI, je voudrais rebondir sur les récents constats du SGMAP.

Quelle belle Semaine de l’Innovation 2015 ! Un « cru » prometteur à voir le nombre de sujets couverts et d’initiatives prises sur le territoire en faveur d’une économie et d’une société numérique. Mais on peut effectivement s’interroger sur notre capacité à passer à la vitesse supérieure, à changer d’échelle en généralisant telle ou telle bonne pratique dès lors qu’elle a fait la preuve de son intérêt en matière de connectivité, d’accessibilité et d’amélioration des services publics numériques.

De nouvelles conditions sont réunies pour accélérer la modernisation de l’action publique et aboutir à une société digitale : mise en place du programme Futurs Publics piloté par le SGMAP, simplification de procédures d’achat facilitant la mise en place de partenariats innovants, etc.

Grâce à cela, les expérimentations qui tendent vers une société numérique sont légion. Mais les circulaires ne suffisent pas à diffuser l’acquis laborantin.

Ne serions-nous pas devenus des industriels de l’expérimentation ?

Le feu ne couve-t-il pas là ?