Influenceurs digitaux = meilleurs « commerciaux » ?

22/10/2015, publié par Nicolas Moignard
influenceur web

A l’heure du C2C – pas le groupe ^^, mais la tendance décrite par Anne-Sophie, je voulais évoquer un phénomène digital déjà bien ancré, que les marques utilisent (pas suffisamment à mon goût), et qui est en train de prendre un nouveau visage, de nouveaux usages. On parle de Youtubers, et plus généralement « d’influenceurs web » que sont les @enjoyphenix ou @pewdiepie (personnellement « the best Youtuber ever »).

Leur succès se base sur la règle des « 3V » :

  • ils/elles sont vrais ! De véritables monsieur et madame tout le monde (avec une pincée de talent de plus) auprès desquels les internautes/consommateurs s’identifient, s’inspirent, et les plébiscitent ;
  • ils/elles sont viraux et visibles partout sur la toile, avec une couverture importante en termes de médias sociaux ;
  • ils/elles sont vecteurs d’informations, de recommandations produits et marques sur les thèmes qui les passionnent et qu’ils aiment mettre en avant.

 

Mais ce que l’on observe de plus en plus, c’est comment des personnes non « digital native » sortent de leur zone de confort pour faire passer des messages en reprenant les codes qui font le succès de ce type de vidéos. Les 1,5 million de vues du Break the Internet de Nicolas Hulot en sont le parfait exemple.

Dans un style bien plus sobre, @Thud_ogaming, fondateur d’une célèbre chaîne d’esport, a récemment usé de sa notoriété pour influencer nos législateurs sur le projet de loi en préparation ayant attrait à l’économie numérique via Twitter et autres vidéos. 21 000 personnes mobilisées…

Dans un domaine complètement différent, Barack Obama a fait la promotion de son système de santé via une vidéo pleine d’autodérision, ou comment toucher un public jeune et pas forcément sensible aux médias traditionnels. Résultat : 18 millions de personnes couvertes.

Par le biais de leur productions, les influenceurs du web évangélisent (ou à l’inverse sont détracteurs), auprès de leur public, les produits, marques et idées pour en devenir les prescripteurs.

En définitive, ma conviction est que les marques doivent s’emparer de ce phénomène autant que possible tout en veillant à « doser » les relations avec ces individus « célébrités » mais consommateurs avant tout. Que l’on parle de produits de beauté, d’accessoires de fitness, de jeux vidéos, et même d’écologie, les influenceurs du web deviennent in fine d’excellents commerciaux.

On ne parle plus d' »égéries » œuvrant pour les grandes marques cosmétiques, mais d’individus derrière leur caméra qui fédèrent et font la promotion de manière AU-THEN-TIQUE  des sujets qu’il/elle aborde.

Plus encore, et on l’a vu sur ces vidéos, l’usage du digital allié à un individu reconnu en fait une réelle arme de communication massive. Les codes qui fonctionnent sont réutilisés à des fins qui sont tout sauf mercantiles.

Aurons-nous un jour droit à des vidéos de la part de notre classe politique, vantant la réforme du code du travail ?

Stay tuned…

Crédit photo : BEN STANSALL/AFP/Getty Images