Non l’e-commerce n’est pas mort !

21/04/2015, publié par Anne-Sophie Salamon
projet e-commerce

Depuis quelques mois je me pose la question de savoir s’il y a encore de la place pour les business e-commerce de taille moyenne qui souhaitent se lancer dans l’aventure de la vente en ligne. Suivant Joseph Ayoub (alias @rade) depuis un bon moment sur Twitter, je lui ai tout simplement posé la question, car j’ai moi-même été séduite par son lancement du site Faites Mieux que Des Fleurs, une idée mignonne et un marketing parfait.

 

Joseph peux-tu me dire comment s’est passé pour toi le développement de ton business e-commerce ?

Joseph Ayoub alias @rade : J’ai eu la chance d’avoir déjà vécu ça avec le lancement de sayfat en 2013. Du coup je connaissais plus ou moins où il fallait chercher les fournisseurs, ou comment monter un site facilement et développer mon business e-commerce. Le site a mis exactement 24h à être mis en place, et cela inclut l’attente pour les redirections vers Shopify. Il y a toujours des surprises (avoir un compte à La Poste, gérer les retours, les ballons crevés, louer un local pour faire 500 commandes…) mais nous avons fait au fur et à mesure, sans paniquer et surtout en s’amusant, sinon ça ne vaut pas le coup.

On n’est pas assez gros pour se considérer comme des e-commerçants, mais le but est de le devenir en développant ce genre de projets e-commerce annexes. Concernant les réseaux sociaux, c’est un peu notre force (Mieux Que Des Fleurs est géré par Big Kids, une équipe à mi-chemin entre l’agence de communication et le cabinet de curiosités). Du coup notre laboratoire d’idée maîtrise bien les réseaux sociaux et les relations presse et blogueur. Ce qui fait qu’on s’est reposé exclusivement sur ces 2 canaux pour développer notre business e-commerce.

Pour toi y-a-t-il encore de la place pour de nouveaux pure players ? Toutes les idées ne sont-elles pas « déjà » prises ?

Oui, il y a encore de la place pour les pures players. Le e-commerce a connu 2 vagues : les beaux, et les bons. Maintenant il faut cumuler les 2 et c’est ce qu’Archiduchesse (ndlr : lancé par Patrice Cassard, qui avait auparavant lancé Lafraise.com) ou plus récemment La Belle Mèche sont, par exemple, parvenus à réaliser. Il y a des sites qui génèrent des milliers et des milliers d’euros, mais qui ne sont pas beaux, qui n’attirent pas la confiance. Le concept de Mieux Que Des Fleurs existait avant nous. Nous l’avons juste bien marketé. Il y a des centaines et des centaines de business e-commerce qui peuvent naître comme ça. Et comme dans le commerce traditionnel, je pense qu’il y a de la place pour les grosses surfaces (Amazon, Fnac…) tout comme il y a la place pour le commerçant du coin (archiduchesse…). L’avantage c’est qu’avec le web, ces derniers peuvent se développer énormément.

Tu as lancé en février « Faites Mieux que des Fleurs » et cela a remporté un succès certain il me semble ? Peux-tu m’en dire plus ?

On s’est lancé 10 jours avant la St Valentin, sans savoir comment faire. On avait 50 ballons en stock, pas de cartons, pas d’hélium, pas de cartes… on a eu un peu moins de 500 commandes. On a dû couper le stock car nous n’aurions pas eu le temps de gérer l’envoi à + de 500 personnes. On doit le succès aux 2-3 blogueurs à qui nous avons envoyé cela ainsi qu’à Touche pas à Mon Poste où Bertrand Chameroy nous a mentionné. Bien évidemment l’idée a du mérite aussi 🙂

Est-ce que le lancement du site e-commerce a été géré en mode « garage » ou avais tu déjà pensé à une logistique un peu plus classique ?

Complètement en mode garage. Nous n’avions pas de compte à la Poste, nous avons dû rentrer 484 entrées sur colissimo.fr à la main. Ça nous a pris 2 nuits blanches, mais ça faisait partie de l’aventure. Nous avons dû trouver un camion (merci deliver.ee) et aller voir un centre régional de La Poste, sans savoir s’ils allaient nous prendre les colis. On a dû discuter longtemps avec eux, mais 2 camions pleins ça ne se refuse pas.

Jusqu’à quel stade est-il possible de gérer, sans un partenaire spécialisé, un business e-commerce connaissant un succès grandissant ?

Aujourd’hui nous avons déjà passé la main. Le succès est au rendez-vous. Pas assez pour que ça soit rentable, mais assez pour que ça occupe quelques heures dans une journée. Du coup nous développons le business avec un partenaire qui va nous aider à multiplier les points de contact, tant d’un point de vue pro, que d’un point de vue personnel. On est toujours là, la communication et le marketing B2C sont gérés par mon équipe, mais l’opération et le B2B seront gérés par ce partenaire.

Un grand merci à Joseph Ayoub d’avoir apporté sa vision sur la question et bonne chance dans son prochain projet e-commerce.

Crédit photo : Mieux que des fleurs