Loi Eckert : d’un frein naît une opportunité insoupçonnée !

14/06/2016, publié par Grégory Krumm
Loi Eckert

La déshérence des comptes et des contrats est l’un des principaux enjeux actuels des banques et compagnies d’assurance. Preuve en est, 80 experts du secteur se sont réunis le 3 juin au Bristol lors d’une conférence table-ronde, co-organisée par Arvato France et Point Banque, pour en discuter au travers du prisme de la loi Eckert et des opportunités qu’elle offre aux banques et assurances.

Mise en application depuis le 1er janvier 2016, la loi Eckert tend en effet à déplacer le curseur pour faire d’une contrainte réglementaire une véritable opportunité, tant pour la relation client que pour le business.

Si l’ACPR et la Caisse des Dépôts et Consignations ont rappelé les obligations légales pour les différents acteurs, la matinée fut ouverte par le Secrétaire d’Etat au Budget auprès du ministre des Finances et des Comptes Publics, Christian Eckert, qui a insisté sur la dimension humaine du projet : « l’objectif prioritaire de cette loi, c’est la protection des épargnants et de leur épargne. »

Tous les intervenants ont approuvé que, plus qu’une obligation légale, servir le client est l’essence-même d’une entreprise quelle qu’elle soit, et qui « se gère sur la durée » comme l’a rappelé Jérôme Duron Executive VP Commercial & Expertise chez Arvato France.

De la table ronde, réunissant Fabrice Attali (La Banque Postale), Jean-Yves Calvo (AXA France) et Jérôme Duron (Arvato France), sont ressortis trois conclusions majeures :

  • L’application de la loi Eckert suscite un investissement humain et financier indéniable. Si la déshérence des comptes et des contrats concerne essentiellement de petites sommes, cela ne doit nullement empêcher de faire appel à toutes les ressources possibles. Enquêteurs privés, généalogistes, experts de la data… Tous sont mis à contribution pour trier et analyser le flux des données, digitales ou non, amassé par les entreprises ;
  •  Ce travail minutieux permet de renouer le lien de la relation client. D’un côté, les banques et assurances mettent, avec la loi Eckert, de l’émotion au cœur de leur relation client. De l’autre, elles renforcent leur politique de connaissance client pour accompagner et servir sur le long terme leurs clients et assurés.
  • La Caisse des Dépôts et Consignations bénéficie elle aussi de ce changement de positionnement et s’adressera directement au grand public à la fin de l’année, via un site web refondu et user-friendly. Une première !
  • Christian Eckert reconnaît qu’à ce jour, bien qu’on ne puisse encore dresser de bilan, des améliorations seront apportées à la loi. Cependant, les enregistrements de données, les traitements de dossiers et le travail de fond sur la connaissance client effectués dès aujourd’hui permettront assurément de limiter la déshérence dans les années à venir.

Si un premier bilan de la loi Eckert pourra être effectué à la fin de l’année et que son impact réel ne se ressentira que dans plusieurs années, son incidence sur la relation client des banques et assurances est déjà perceptible et saluée. Qui a dit que d’une loi ne naissaient que des contraintes ?